Le Comité d’orientation de la MRIE qui réunit le Conseil d’Administration et les financeurs a validé le 22 février dernier le passage à un rythme biennal du Dossier de la MRIE, plusieurs partenaires ayant exprimé leur besoin de temps pour s’approprier son contenu et le diffuser à ceux qui agissent sur le terrain.
Il va donc s’agir maintenant d’identifier des territoires avec les partenaires concernés, pour construire des restitutions locales de nos travaux.
Il nous appartiendra au fil des ans de veiller à tourner sur la région, à rejoindre les territoires où les acteurs ont plus besoin de soutien, de bénéficier de la connaissance et de l’expérience d’autres qui sont confrontés aux mêmes difficultés. Car c’est un atout pour les différents acteurs que nous puissions par la position que nous occupons et à travers ce renforcement d’une implication territoriale, être un lieu de connexion efficace et reconnu.
Cette orientation renforce la pertinence à l’adhésion depuis un an de collectivités locales ou de CCAS à la MRIE.
Le Comité d’Orientation a aussi manifesté une attente convergente en termes d’appui pour associer les personnes concernées à l’évaluation des politiques publiques de lutte contre l’exclusion. Pour la réduire, il faut en effet comprendre avec les personnes concernées comment se sont mis en place et développés les processus d’exclusion dont elles sont victimes. Mieux que quiconque, elles connaissent les obstacles auxquels elles se heurtent quotidiennement, les difficultés à vaincre, les barrières à franchir. Se passer de leur savoir, c’est se condamner à une moindre efficacité, voire à l’échec. On connait l’adage attribué à Nelson Mandela : « Tout ce qui est fait pour moi sans moi, est fait contre moi ».
D’où l’importance de créer des espaces de rencontre permettant un diagnostic partagé dont les personnes concernées soient partie prenante.
C’est ainsi que la récente conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, à laquelle la MRIE a contribué, a permis pour la première fois à ce niveau d’associer des personnes concernées aux travaux des différentes commissions préparatoires et à la conférence elle-même. Il faut en tirer les conséquences jusque dans la mise en œuvre de l’observation sociale pour évaluer et orienter les politiques publiques. Car à ne considérer les pauvres que comme objet de comptage, on oublie qu’ils sont eux-mêmes ressources pour lutter contre l’exclusion. Le moment est venu de passer d’une conception des politiques sociales où la défiance, la suspicion et le soupçon qui pesaient sur les pauvres généraient la honte et le non-recours, à des politiques qui promeuvent la citoyenneté de ceux qu’elle vise, qui s’appuient sur leurs ressources, qui soutiennent l’émergence d’une conscience collective de leurs droits.
Yvon CONDAMIN, Président et Bruno LACHNITT, Directeur