Nos méthodes de travail


Connaitre avec

La loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 a mis au premier plan de ses principes d’orientation l’accès aux droits pour tous, ce qui constitue un apport majeur par rapport aux politiques antérieures qui tendaient à mettre en place des dispositifs spécifiques aux publics défavorisés. Toute personne en difficulté doit être considérée comme un citoyen sujet de droit, ce qui implique :

  • sur le fond, la nécessité d’examiner très concrètement et systématiquement comment cet exercice des droits se vit dans le quotidien des personnes. Pour cela, il convient d’engager une démarche d’observation et de veille qui permettra d’améliorer et de rectifier au fur et à mesure les différents dispositifs mais aussi les pratiques d’application, en faisant remonter les difficultés vécues par les personnes dans leur accès aux droits ainsi que l’expression collective de leurs attentes.
  • au plan de la méthode pour une telle démarche, la nécessité à la fois de s’ancrer dans l’expérience des personnes en difficulté, mais aussi de confronter cette expérience avec le regard des acteurs et des institutions, ainsi qu’avec les réflexions des chercheurs et différentes études menées à ce sujet. Il ne s’agit donc pas simplement de reproduire telle quelle la parole des personnes, mais de l’intégrer au débat démocratique avec les autres acteurs. Pour ce faire, il faut évidemment leur en donner des moyens, d’où notamment l’accent mis sur des groupes d’usagers au sein desquels un premier débat s’instaure – ainsi qu’un processus de mise en confiance – puis sur leur participation, à égalité avec les responsables institutionnels et associatifs, à l’élaboration de constats et de propositions communs.

En définitive, il s’agit de mettre en œuvre, aussi bien sur le plan de la forme que du fond, cet enjeu de la démocratie, qui est peut-être la « nouvelle frontière » de la lutte contre les exclusions. Le développement de l’individualisation et de la quête d’identité, l’affirmation de l’accès aux droits pour tous renouvelée par la loi de 1998, imposent, comme le propose Mireille Flageul, de conjuguer trois « P » : la protection, la promotion et le pouvoir agissant des personnes. La personne en difficulté n’est pas simplement un individu à protéger (sinon ce serait de l’assistance), ni non plus un simple sujet de droit (donc soumis à une certaine « sujétion » à ce droit), elle est un citoyen qui doit avoir part au débat et à la décision pour participer au contrat social.



Capitalisation d’experiences

Depuis sept ans, la MRIE a engagé une démarche de capitalisation d’expériences. Cette démarche privilégie les actions cherchant à rejoindre les personnes les plus en difficulté ainsi que celles qui sont engagées dans une dynamique de partenariat avec les personnes en situation d’exclusion. Au fil du temps, la MRIE a également développé une certaine éthique de la démarche de capitalisation.

La démarche de capitalisation

La capitalisation d’expériences est un outil de connaissance. C’est un récit qui cherche à offrir ce qui, dans l’expérience, peut être utile à d’autres : connaissances à partager, sources d’enseignement. Il reflète ce qui se vit sur le terrain, le point de vue des différents acteurs et partenaires de l’action. Il permet de souligner des possibles et d’être témoin de la capacité des personnes à agir.

Une fiche d’expérience part non pas de l’expérience en soi mais des acteurs eux-mêmes, de leur récit, de leur opinion, de leur ressenti ; ce sont eux qui sont porteurs de connaissances. La parole des personnes en situation d’exclusion, engagées dans l’action, a donc toute sa place, elle est indispensable. L’un des objectifs de la capitalisation est de confronter les visions et les vécus différents pour accroître la palette des réflexions, et non pour rechercher un résultat unanime

Pour que la capitalisation permette de produire une véritable connaissance issue du terrain, trois conditions s’avèrent nécessaires :

  • La légitimité et l’utilité : les acteurs doivent se sentir légitimés à s’exprimer et sentir que leur parole va être prise en compte.
  • les moyens pour faire : produire une fiche d’expérience demande beaucoup de temps (le temps de l’expression des acteurs, de l’écriture, des allers-retours entre acteurs et rédacteur), il faut s’en donner les moyens.
  • la garantie de débouchés, car c’est la diffusion, la circulation, la possibilité de partage qui motive les personnes à consacrer du temps à cette démarche

La capitalisation permet la confrontation des acquis de l’expérience avec les connaissances préalables sur le thème traité. Il est, par conséquent, intéressant pour la personne qui réalise des fiches d’expériences, si elle n’a pas d’expertise particulière sur un thème donné, d’avoir le support d’un groupe de travail. Ses membres, par leur activité, possèdent cette expertise, et un aller-retour entre le groupe et les acteurs de terrain est mutuellement enrichissant.

L’utilité de cette démarche

Pour les acteurs de terrain (professionnels, bénévoles, personnes en situation d’exclusion)

La capitalisation est un moyen de prendre du recul pour relire son action et en tirer ainsi les bénéfices et les enseignements. Pour chaque acteur, il est souvent stimulant et enrichissant d’entendre l’expérience, le ressenti et l’opinion des autres à propos d’une même action, cela peut participer à un changement de regard sur l’autre. Cela permet aussi de remettre en mémoire des faits riches d’enseignements que l’un ou l’autre avait oublié et de souligner tout leur sens.
Le choix de l’action à capitaliser est en quelque sorte une reconnaissance de l’intérêt de l’action et agit comme un soutien (même s’il est modeste) auprès des acteurs.

Au cas par cas et de façon marginale, les fiches permettent de faire des liens entre des acteurs dont l’expérience peut être enrichie l’un par l’autre. Mais la fréquence et la manière dont sont utilisées les fiches d’expérience par les acteurs de terrain, en dehors des groupes de travail (cf ci-après), reste aujourd’hui difficile à appréhender.

Pour la connaissance

  • En tant que base de réflexion ou apport dans un groupe de travail de la MRIE, c’est un moyen de partir d’expériences concrètes et vécues pour entamer ou poursuivre une réflexion, de donner de la place à l’expérience et à la réflexion des personnes concernées par le thème. Les fiches permettent également au groupe de réfléchir à partir d’un dénominateur commun.
  • Comme apport complémentaire à un article théorique dans un dossier, la fiche vient étayer l’article en apportant d’autres éclairages sur une question, en proposant une vision très concrète et vécue de la question.
  • Enrichir une banque de données. Certaines de nos fiches entrent dans la banque de données de la Fondation pour le Progrès de l’Homme, qui regroupe des fiches d’expérience du monde entier sur des thèmes divers, et peuvent ainsi être plus largement diffusées et utilisées. Au niveau régional, le Centre Ressources DSU est le relais de cette banque de données.

En conclusion, la capitalisation est un outil qui répond à la vocation de la MRIE

  • développer la connaissance : les phénomènes émergents, cerner les processus explicatifs
  • animer la réflexion : développer un espace partenarial pour croiser les connaissances
  • communiquer auprès des acteurs : diffuser les principaux repères issus des travaux.

A la une !

Associer les personnes en précarité :
La MRIE se lance dans la formation

 

Nous proposons une formation-accompagnement « animer des démarches collectives associant des personnes en situation de précarité ». Il s’agit de mobiliser les énergies, les connaissances et les outils nécessaires pour accompagner les professionnels qui le souhaitent dans le lancement des démarches collectives de co-construction avec des personnes qui vivent la précarité.
 
Pour plus d’information, cliquez ici !
 
Contacts :

annaig.abjean@mrie.org et
david.rigaldies@club-internet.fr

 

 

Site actualisé le 29/03/2013

Cliquez
ici pour la télécharger